L'art de conter

Produire une version écrite d'un conte


Le conte fait partie de la tradition orale depuis la nuit des temps. Les contes écrits sont historiquement parlant des versions littéraires de contes populaires oraux.
De ce fait, à l’école, la création de contes ne devrait s’entendre que par un gros travail d’oral. Les histoires naissent, se transforment, évoluent, et se fixent à l’oral.
Par contre, il est intéressant d’en produire ensuite des versions écrites comme l’ont fait Grimm, Perrault et les autres.
Il sera intéressant de montrer aux enfants que la création de contes uniquement à l’écrit est une pratique récente.
En amont de la séance
Chaque stagiaire a inventé un conte qu’il a enregistré sur cassette pour le fixer dans sa version orale.
Chaque équipe (2 participants) choisit l’un des deux contes. Les contes ainsi isolés sont proposés à l’ensemble pour un choix collectif qui n’en gardera que la moitié.
Dans notre cas, sur les 20 contes créés, 5 seront conservés pour être travaillés par deux équipes de 2 stagiaires en parallèle.
Avant la séance, une transcription écrite des contes enregistrés sera réalisée.
Cette séance, montée à l’origine pour un stage de formation continue en direction d’enseignants, peut évidemment être transposée à une classe de cycle 3.

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Raconter des contes : CONTER

Dans le stage :
- Par demi-groupe, les stagiaires se sont placés en cercle. Chacun s’est présenté par rapport en expliquant sa représentation du conte, son plus lointain souvenir de conte, et sa position actuelle par rapport au conte (j’aime, je n’aime pas, je fais, je ne fais pas, parce que…).
Ca a permis de faire émerger différentes représentations du conte, de se situer personnellement par rapport à ce genre.

Dans une classe :
- On peut demander en classe à quoi le mot conte leur fait penser.
Ca permet d’introduire le genre conte et de savoir où ils les élèves en sont dans la classe.

- Chacun a pris un conte écrit (ici, d’un conte merveilleux), l’a lu deux fois, puis a reposé le conte avant de le raconter au groupe.
Le faible temps donné à la mémorisation du conte ne permet que de retenir la trame et quelques mots-clés, obligeant par la suite chaque conteur à utiliser ses propres mots pour dire son conte.

- L’instituteur peut raconter périodiquement un conte dans sa classe ou choisir d’ animer une journée spéciale contes.
Ca permet une imprégnation culturelle.
Attention, on ne peut pas demander, exiger d’un élève qu’il raconte spontanément devant le groupe classe. (cf le site littérature jeunesse du Vaucluse). C’est plus facile pour les élèves de se retrouver en petit groupe face aux autres pour raconter un conte.

Dans le cercle, chaque stagiaire raconte son conte puis explique ce qu’il a vu et ressenti pendant qu’il contait. L’ensemble du groupe explique à son tour ce qu’il a vu et ressenti en écoutant le conte. La démarche se répète pour chaque stagiaire.
Ca permet de mettre en évidence l’existence de la bulle du conte au milieu du groupe (on voit le conte, il en devient presque palpable) entre le conteur et les écoutants, l’importance de la voix, l’importance de la communication quand on raconte, l’importance de ce qui se cache derrière le merveilleux et le lien qu’on peut faire avec notre monde actuel.
- Retour en groupe entier : après écoute de tous ces contes merveilleux, on peut définir ensemble la structure de ce type de conte.


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Créer des contes oraux

- Par deux ou trois : chacun choisit une anecdote ou un fait divers qu’il a envie de raconter à l’autre.
Ca permet d’être dans une situation de communication forte, situation originelle du conte.

- Pour une création orale de conte avec des enfants, il vaut peut-être mieux partir de quelque chose de physique, de concret : un monstre en pâte à sel qu’ils auront fabriqué, un drap recouvrant toutes sortes d’objets sur lequel ils auront marché comme dans un pays extraordinaire, etc… Le conte va se construire en étant raconté encore et encore au sein d’un petit groupe puis d’un groupe à l’autre.

- Cette anecdote, ce fait divers va être transformé en conte au sein de chaque petit groupe, l’un aidant l’autre, en le faisant évoluer oralement vers la structure définie auparavant : par la personnification de certains éléments, en grossissant certains faits, en ajoutant un élément magique…
Le travail par deux ou trois permet de prendre du recul par rapport à son anecdote ou son fait divers.

- Chacun va enregistrer la version orale de son conte, puis la faire écouter à l’ensemble du groupe.

- L’enregistrement est l’aboutissement de la forme orale du conte.

- Quelques contes auront été sélectionnés pour être travaillé à l’écrit, pour revêtir finalement l’aspect d’un conte collecté.
Ca permet de réfléchir sur les éléments qui différencient le conte oral et le conte écrit tant au niveau de la logique du contenue que de la langue (pourquoi l’imparfait et le passé simple, pourquoi le présent ?).

- La transformation d’un conte en version écrite permet une activité d’étude réfléchie de la langue.

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Ecrire une version littéraire d'un conte

A. Tirage au sort d’un conte (par groupe de 2 associé en doublette : 2 x 2 stagiaires)

B. Chacun récupère l’enregistrement du conte choisi.
Mission : « Vous réécoutez le conte pour vous l’approprier autant de fois que vous le désirez. Vous devrez ensuite en proposer une version écrite à la manière d’Andersen, Perrault, Dickens, Grimm… Il s’agit bien d’en produire une version littéraire. »

Emergence des représentations : en quoi c’est « littéraire » ?
Y a-t-il des invariants ? des caractéristiques propres à cet écrit ?

C. Activité d’écriture par groupe de 3.
Les contes seront ensuite mis au propre pour la socialisation qui suit.

D. Socialisation des productions :

1- Au sein des groupes appariés.
Mission : « Vous réalisez une lecture croisée des 2 versions écrites d’un même conte oral. Vous noterez les variations portant sur a) l’histoire, b) la structure c) les mots, la langue. Vous réalisez une affiche communicable. (Fiche A1) »

2- En grand groupe :
Socialisation des 5 affiches produites
Question : « Qu’est-ce qui serait pédagogiquement rentable du point de vue de l’O.R.L notamment, de faire écrire plusieurs versions écrites d’un même conte qu’on aura raconté aux élèves ? »

3- Retour aux groupes appariés.
Chaque groupe reçoit la transcription écrite du conte enregistré.
Mission : « Vous mettez en évidence les diférences entre la transcription écrite et la version littéraire de ce conte. Elaborez pour ce faire une grille de comparaison du point de vue de l’ORL. Vous réalisez une affiche communicable (Fiche A2)»

4- En grand groupe :
Socialisation des 5 affiches produites
Question : « Le passage d’un oral à un écrit : Quels apports, quelles compétences , quels points de programme sont travaillés par cette activité, dans le cadre d’une ORL intégrée ? »

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