La recherche documentaire

Généralités

Certaines questions scientifiques ne peuvent se traiter par l’expérimentation.
Un questionnement du genre : « Pourquoi la mer est-elle salée ? » ou « Pourquoi le ciel est-il bleu ? » nécessite une autre technique : la recherche documentaire.
Il est en effet impensable et inutile de réinventer le monde à chaque instant, de refaire le chemin parcouru par l’homme pour toutes les questions que l’on se pose. Des savants ont pensé, cherché, expérimenté, fait des synthèses, trouvé et écrit. Les livres font partie de la mémoire collective de l’humanité et il n’est pas question d’en faire l’économie.
Le rôle de l’enseignant est de donner aux élèves les clés pour s’en servir.
Mobiliser les compétences particulières de lecture ; initier à la recherche par thèmes, par mots-clés, par association d’idées, par proximité sémantique ; faire utiliser les index, les sommaires, les glossaires, les fichiers ; habituer à consulter les dictionnaires, les encyclopédies, les ouvrages de vulgarisation scientifique. La tâche est ambitieuse !
L’outil documentaire , comme l’expérience, doit être utilisé pour la validation d’hypothèses, pour l’argumentation. Au service de la démarche, il doit apporter des éléments qui, reliés entre eux, en s’infirmant, se contredisant, vont aider à se construire un nouveau savoir.
Il peut être intéressant, par économie, que le document donne la réponse dans son intégralité. Mais il faut rester vigilant : l’écrit a parfois plus de pouvoir que la parole du maître mais est-il suffisant pour ébranler les représentations ? Il n’y a pas vraiment confrontation puisque ce qui est écrit est considéré comme vérité . Le but du jeu consiste à comprendre pour l’adopter la réponse du spécialiste.
Dans le type de démarche qui nous intéresse, les documents ne contiennent que des réponses parcellaires au questionnement du groupe. Il est donc nécessaire que ces éléments de réponses soient confrontés, vérifiés, organisés afin d’aboutir à une réponse satisfaisante au questionnement initial. Dans ce cas, cela s’apparente à une variante du débat scientifique (de preuves) : les acteurs confrontent leurs représentations non plus entre pairs mais avec des écrits sociaux. Je n’argumente plus avec mon savoir initial, avec les résultats de mes expériences mais avec ce que j’ai lu, ce que j’ai compris des livres.
D’autres outils peuvent être utilisés : l’interview de la personne ressource, la visite, l’enquête, le document audio visuel…

 

Démarche : « Le sel de la science »

PHASE 1 :
L’animateur remet le texte tronqué de Cousteau
Lecture silencieuse individuelle du texte

5 min Mission 1 : Vous lisez silencieusement ce texte. Vous notez ensuite sur une feuille 3 questions que vous vous posez après cette lecture

PHASE 2 :
En groupe, les participant sont invités à mettre en
commun leurs questions et à les reformuler

10 min  

PHASE 3 :
Socialisation des questions

10 min L’animateur est le secrétaire du grand groupe : il note toutes les questions au tableau (mémoire collective vers un projet de recherche)
-> Ces trois phases de travail (25 min) permet à chacun, par les questions qu’il se pose et les échanges qu’il a avec ces pairs de s’imprégner du sujet. Le texte tronqué ouvre le questionnement et déjà, inconsciemment, l’émission d’hypothèses. Beaucoup de pistes de travail, de terrains d’investigation sont ouverts. Aujourd’hui nous essaierons d’explorer la question suivante : Pourquoi les mers et océans sont-ils salés ?
  Mission 2 : Dans le texte de départ, vous allez repérer individuellement 3 mots ou groupes de mots qui vous permettraient d’explorer cette question.
Eventuellement, pour chaque mot, vous pouvez en associer un autre par « association d’idées »
-> Le choix de l’animateur de la question à traiter pour le groupe amène une phase de déstabilisation et nécessite une nouvelle lecture plus ciblée du texte de départ. En même temps, des pistes s’ouvrent et des connaissances se mobilisent.

PHASE 4 :
Mise en commun des mots.

 
15 min L’animateur dresse la liste de tous les mots retenus.
Puis, collectivement, on les trie pour créer des catégories -> état de l’eau ; transformations physiques ; mouvements de l’eau ; transformations chimiques ; origine/genèse ; actions de l’homme/ des êtres vivants...)
-> Trier, classer, nommer : voilà une activité essentielle pour la construction des concepts et de la pensée : la collecte puis le tri collectif de tous ces mots posent les bases de la recherche en en suggérant les différentes directions. 

PHASE 5 :
L’animateur proposera alors de constituer autant de groupes que de catégories

  Mission 3 : En partant du point de vue de chaque catégorie, formuler des hypothèses sur la question de départ. Les écrire sur une fiche H
Mission 3bis : Au fur et à mesure que vous élaborez des hypothèses, vous venez les écrire sur le panneau H De même, vous écrivez toutes les nouvelles questions qui apparaissent sur le panneau Q
Animation des groupes. Recherches. L’animateur attire l’attention générale sur les questions qui peuvent être des pistes pour certains groupes.
Lorsque le cycle de l’eau est évoqué dans un groupe, on le fait construire et on demande au groupe de se situer dans le cycle.
L’animateur remettra des documents aux différents groupes en fonction des thèmes et des demandes, au fur et à mesure des
hypothèses, de la formulation... 30 à 40 min

 
-> La mission 3, par son côté restrictif, oblige le groupe à préciser sa pensée et à émettre des hypothèses inédites. L’écriture des hypothèses et des nouvelles questions sur des affiches visibles par tous permet la circulation des idées, du cheminement de la pensée au fur et à mesure qu’elle se construit. De même, cela permet une socialisation et une interaction entre groupes « en direct », les idées des uns pouvant aider, aiguiller les autres. 

PHASE 6 :
Au bout d’un temps à déterminer en fonction de l’avancement et de
l’implication des groupes

 
15 min Mission 4 : En l’état actuel de vos hypothèses et questionnement,
Formuler le plus clairement possible par un texte et un schéma, une réponse à la question . Vous réalisez une affiche communicable.
-> Cet écrit intermédiaire amène le groupe à synthétiser les informations recueillies au cours des lectures et donc de construire un premier savoir parcellaire, non abouti et forcément incomplet puisque les autres ont eux aussi des éléments de réponses.  

PHASE 7 :
Confrontation des hypothèses
Il faut se mettre d’accord sur un savoir construit collectivement
Le texte est écrit au tableau en dictée à l’adulte

-> Exercice hautement formateur où on se frotte à l’écriture de textes scientifiques dans lesquels chaque mot a son importance, où on doit tenir compte des autres en se mettant d’accord sur un savoir provisoire, où la parole de tous a son importance.
15 min Arrêt arbitraire sur un équilibre (formulation et questions en suspend)
Distribution du texte final de Cousteau . Débat

PHASE 8 :
ANALYSE

A / individuellement : Qu’avez-vous appris ?
     collectivement : rapide liste

B/ Répartition en 3 groupes :
     - un groupe reconstitue le film de la démarche
     - un groupe explicite le rôle de l’animateur
     - un groupe analyse la place et le contenu des documents
C/ Mise en commun
Comment avons-nous fait ?
La recherche documentaire , comment faire (complément magistral) ?
Techniques de classe.

 

Deux exemples issus de la revue scientifique "E=MC5"

- un exemple

- un autre

 

Sommaire