Maîtrise de la Langue - Prévention de l'illettrisme
en Vaucluse
 

Lecture en réseau

vendredi 20 avril 2012, par Administrateur

LA LECTURE EN RÉSEAU

La lecture en réseau, c’est une lecture qui permet de faire des liens par tissages entre plusieurs textes. Un trait commun entre plusieurs livres apparaît.

Quand des références claires à des textes connus sont repérées, on parlera d’intertextualité.

La lecture en réseau est une des formes de la lecture littéraire car elle fait appel à ce que Christian Poslaniec appelle «  les petits savoirs », c’est-à-dire l’ensemble des connaissances qui permettent de lire un texte avec un « regard cultivé » : reconnaître des éléments qui rappellent un autre ouvrage, retrouver une construction littéraire déjà rencontrée, découvrir des références à des textes « classiques »… Et ces « petits savoirs » se construisent dans la fréquentation des réseaux et des textes littéraires. Ils construisent et développent les compétences de lecture. « …La lecture en réseau,…qui met en relation des œuvres traversées par une même symbolique cohérente, mais opaque à première vision, est comparable dans ses effets au jet de la pierre dans le lac qui propage de texte en texte des ondes de plus en plus larges et fait remonter à la surface des éléments de sens qui finissent par s’agglutiner et prendre forme. Le réseau opère comme un révélateur. » C. Tauveron, Lire la littérature à l’école…, Hatier, p. 145.

La lecture en réseau permet de développer la lecture interprétative et compréhensive. Par contre, il convient de ne pas voir systématiquement des réseaux partout ; et un réseau efficace ne se confond pas nécessairement avec un réseau thématique. « Pour qu’il puisse opérer comme un révélateur, le réseau doit répondre à un problème de lecture attesté ou anticipé par le maître et il doit se présenter comme la réponse la plus appropriée.. », C. Tauveron, op.cit.

Le dispositif didactique se fera au travers d’une tâche de mise en relation puis de comparaison d’un ensemble de textes présentant le même obstacle. On est dans une démarche de résolution de problème qui aboutit à une conceptualisation et au développement de stratégies de lecture.

Les conditions de la mise en réseau :

Une bonne sélection des textes : on pense par association d’idées à des œuvres qui évoquent le texte à l’origine d’un projet d’enseignement. On analyse dans ce corpus informel le « problème » initial et les ressources possibles contenues dans le corpus qui permettront la résolution de ce problème. Les élèves initiés au tissage contribuent à leur manière à la constitution du corpus.

• Un ordre de présentation pensé : (au choix) * commencer, dans une démarche de résolution de problèmes, par un texte noyau difficile et problématique qui sera éclairé par les autres textes du réseau d’accès plus facile. * commencer par un texte simple dont le procédé d’écriture peut être nettement repéré et aller progressivement vers des textes utilisant ce procédé de manière plus complexe ou moins évidente * ne proposer en apparence aucune progression, aucun texte-noyau, donner à lire en même temps les textes du réseau pour que s’engagent entre eux des allers et retours.

 

La lecture en réseau -

 La mise en réseau dans une logique de résolution de problème suppose de prévoir un parcours avec des périodes de recherches intenses, des périodes où le les problèmes mûrissent, ces périodes où l’investigation reprend et des périodes où la relecture porte ses fruits.

 

LISTE NON EXHAUSTIVE / DES EXEMPLES DE RÉSEAUX

- Les récits d’affabulation / d’illusions : Ne mouille pas tes pieds Marcelle, John Burningham – Drôle de zoo, G. Mac Hargue – Safari, Anne Jonas, L’Afrique de Zigomar, P. Corentin

- Les histoires de rêve : Tu rêves Lili, A. Boulon – Max et les Maximonstres, M. Sendak – Zigomar n’aime pas les légumes, ou les deux goinfres, P. Corentin – Lolotte, A. Mets – Le rêve de Pierre, C. Van Allsburg

- Les histoires de méprise : L’ Afrique de Zigomar, P. Corentin – Balthazar, G. De Pennart

- Le symbole du mur : Tillie et le mur, L. Lionni – Le jardin de Max et Gardénia, F. Bernard – Volubilis et les trois jardins, C. Bernos – Le mur, A. Esteban

- L’œuvre de Rascal : Fanchon, Moun, Pied d’Or, la nuit du grand méchant loup, Petit lapin rouge, Poussin noir

Ces réseaux sont présentés et développés dans le livre de Catherine Tauveron, déjà cité, Lire la littérature à l’école, Hatier. D’autres exemples sont cités dans l’ouvrage de Christian Poslaniec, Pratique de la littérature jeunesse à l’école, Hachette Education.

- L’intertextualité avec les fables et les contes

- Le genre historique

- Le mythe du golem

- Le réseau multiartistique : danse musique peinture cinéma…

- La symbolique de l’île

- Les rencontres initiatiques

- L’articulation texte/images

- Les narrations particulières

- Un personnage stéréotype (le vilain pas beau, par exemple)

- Un réseau hypertextuel (adaptations, variantes, réécritures, parodies, réappropriations (autour du Petit Chaperon Rouge)

- Un réseau intertextuel (des textes dans lesquels on trouve une ou plusieurs références ou allusions à d’autres textes connus) Léo Corbeau et Gaspard Renard, Olga Lecaye

- Un réseau autour d’un auteur (l’univers langagier de Corentin)

- Un réseau autour d’un genre (récits de rêve, récits de brouille, la triplication dans les contes merveilleux…,)

- Un réseau autour d’un procédé d’écriture (narration en « je »…)

 
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